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Cameroun-présidentielle : ceux qui veulent emménager à Etoudi Palace

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L‘élection présidentielle a lieu le 7 octobre prochain. Paul Biya qui brigue un 7è mandat consécutif doit faire face à huit adversaires dont les profils sont à la mesure de leur ambition présidentielle.

Adamou Ndam Njoya : la quatrième tentative pourrait être la bonne pour Monsieur le maire

À 76 ans, il est le deuxième candidat le plus âgé de cette présidentielle, tout juste derrière le président sortant Paul Biya qui soufflera sur sa 86è bougie le 13 février prochain. L‘écrivain est titulaire d’un doctorat 3è cycle en droit public international obtenu en France.

Un profil qui a permis à l’actuel maire et natif de Foumban d’occuper de nombreux postes de responsabilité dont celui de directeur de l’Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC), vice-ministre des Affaires étrangères et ministre de l‘Éducation nationale de 1977 à 1980.

Au début des années 1990, à la faveur du processus de démocratisation dans lequel s’engage le Cameroun, Adamou Ndam Njoya crée l’Union démocratique du Cameroun (UDC). Il commence ainsi à rêver du pouvoir suprême. Mais, un rêve qui peine à se transformer car durant toutes les trois participations (1992, 2004 et 2011), il a toujours été battu par Paul Biya. La quatrième tentative, sera-t-elle enfin la bonne ? Aux prophètes de lire « les signes du temps ».

Akere Muna : et l’apôtre de la transparence s’engagea

Âgé de 66 ans et natif de la région du Nord-Ouest anglophone, Akere Muna est avocat de profession. Ayant intégré le cabinet de son frère Bernard (lancé en 1984), Akere Muna est élu à la tête du barreau camerounais en 1997. Fonction qu’il assumera cumulativement avec le poste de président de l’Union panafricaine des avocats.

À partir des années 2000, Akere Muna succombe à la tentation de la société civile. Il lance ainsi la section camerounaise de Transparency International (TI), une ONG allemande spécialisée dans « la lutte contre la corruption des gouvernements et institutions internationales ».

Objectif affiché : participer à faire de la transparence une réalité dans un Cameroun qui, selon TI et bien d’autres ONG, fait partie des pays les plus corrompus au monde avec un indice de perception qui titille parfois les 2,5 %. Le juriste occupera même le poste de vice-président de TI. Ce, avant de se lancer en politique lorsqu’il intègre le Front populaire pour le développement (FPD), un parti basé à Ngaoundéré au nord du Cameroun.

Et c’est bien Akere Muna qui a été choisi pour défendre les couleurs du FPD lors de la présidentielle du 7 octobre. Peut-être axera-t-il son discours de campagne autour de la lutte contre la corruption.

Cabral Libii : jeune, mais déterminé

À 38 ans, Cabral Libii est le benjamin de cette élection présidentielle. Mais, si les jeunes sont parfois réputés faire des pas de clerc en politique, ce n’est visiblement pas le cas de ce journaliste et enseignant de droit à l’université de Yaoundé II dans la banlieue nord-est de la capitale camerounaise.

Grâce à ses interventions aussi bien à la télévision que dans les réseaux sociaux, Cabral Libi s’est bâti une notorité telle qu’il a déjà logé dans son escarcelle plusieurs Camerounais visiblement dépassés par la gouvernance telle qu’elle est proposée par Paul Biya depuis 1982.

Libi défendra donc les couleurs du parti l’Union nationale pour l’intégration vers la solidarité (UNIVERS) et du mouvement « 11 millions de citoyens ». Un mouvement qui lui a permis de lever les 30 millions de francs CFA (près de 45 000 euros) de caution, exigés par Elections Cameroon (ELECAM), la commission électorale du pays, à tout candidat à une élection présidentielle. Quant au financement de la campagne prévue le 22 septembre, Cabral Libi entend récolter 200 millions de francs CFA.

Garga Haman Adji : une troisième tentative pour l’ancien « chasseur de baleines »
Né le 27 janvier 1944 à Maroua dans l’Extrême-Nord du Cameroun, Garga Haman Adji est détenteur de plusieurs diplômes universitaires dont un DES en sciences politiques à l’université de Poitiers en France et administrateur civil à l’ENAM de Yaoundé.

Garga Haman Adji fait partie de ceux qui ont marqué d’une empreinte quasiment ineffaçable le règne de Paul Biya. Nommé ministre de la Fonction publique en 1988, il met à exécution un ambitieux programme de moralisation de la vie publique. Sa rigueur dans la traque des antivaleurs, lui vaudra le surnom de « chasseur de baleines ».

Et dans un pays où, comme dans plusieurs autres sociétés africaines, démissionner ne figure pas dans le vocabulaire de bien de responsables, Garga Haman Adji, contre toute attente, démissionna de son portefeuille en 1992. Comme un périlleux affront en plein monopartisme !

Malheureusement, dans la course à la magistrature, il a déjà échoué à deux reprises (2004 et 2011) face à Paul Biya. Des échecs qui n’ont pas empêché sa formation l’Alliance pour la démocratie et le développement (ADD) de l’investir comme candidat au scrutin du 7 octobre.

Joshua Osih : le nouveau candidat fixe pour le SDF

Il est né le 9 décembre 1968 à Kumba au Sud-Ouest. Et c’est bien lui, Joshua Osih qui affrontera huit autres candidats dont Paul Biya, « l‘éternel » vainqueur et tombeur du Front social-démocrate (SDF). En jetant l‘éponge en février dernier, l’opposant historique Ni John Fru Ndi a voulu sans doute miser sur un sang nouveau.

Cette fois-ci, c’est l’homme d’affaires métis issu d’une mère suisse et d’un père camerounais. Et ce ne sont pas les armes qui font défaut à Joshua Osih. Du haut de ses 25 ans d’expérience dans le secteur de l’aviation et du business, l’ancien élève du collège de Bali à Bamenda aura l’avantage de porter les couleurs de la deuxième force politique du pays après le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC).

D’après des observateurs, sa popularité est si importante dans tout le pays à telle enseigne qu’il est devenu en 2013 le premier natif des zones anglophones à siéger au Conseil municipal de Douala. Un adversaire de taille apparemment différent de Fru Ndi que Paul Biya devrait affronter le 7 octobre.

Maurice Kamto : l’homme de Bakassi vise aussi ce palais

Né le 14 février 1954 à Bafoussam, à l’Ouest, Maurice Kamto est docteur en droit de la Faculté de droit de Nice en France. Profil qui lui a valu des promotions dont son accession à la Commission du droit international des Nations unies de 1999 à 2016. Au sein de cette institution, le juriste va conduire la délégation camerounaise aux négociations destinées à évacuer le litige frontalier sur les îles Bakassi avec le voisin nigérian.

La Cour internationale de justice finit par donner raison au Cameroun. En 2004, Kamto entre au gouvernement en tant que ministre délégué auprès du ministre de la Justice. Mais, sept ans plus tard, celui qu’on pourrait appeler l’homme de Bakassi, démissionne et fonde le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) dont il défendra les couleurs aux urnes le 7 octobre.

Ndifor Afanwi Franklin : entre la Bible et la Constitution

Sur les pas de Roosevelt ou de Jésus ? Difficile de le savoir. Ce que l’on sait, c’est que Ndifor Afanwi Franklin dit « avoir été appelé par Dieu», ainsi que le pasteur annonçait récemment à ses ouailles de son église du Kingship International Ministry située en plein cœur de Bonabéri, un quartier de Douala.

Âgé de 39 ans, des observateurs prétendent que le pasteur est novice en politique. Mais, ses fidèles estiment qu’il est le seul candidat capable de « délivrer le pays » et de conduire le peuple camerounais à la Terre promise du bien-être.

Paul Biya : en avant pour un 7è mandat

Arrivé au pouvoir en 1982 suite à la démission du premier président Ahmadou Ahidjo, Paul Biya a été élu et réélu à plusieurs reprises en rencontrant tous types d’adversaires et épreuves. Si bien qu’en 35 ans de règne, Paul Biya peut aujourd’hui plier, mais sans pour autant rompre. Tant le RDPC constitue un véritable socle qui le maintient à sa place.

En effet, pour le parti au pouvoir, « le Président Biya est ce dénominateur commun accepté par les musulmans et les chrétiens, par les Camerounais du Nord et du Sud, de l’Est à l’Ouest », selon l’expression du ministre de la Communication Issa Bakary Tchiroma.

En raison d’une gouvernance électorale « trop favorable » au pouvoir et à cause d’une multitude de candidats au sein de l’opposition, des observateurs prédisent une victoire du natif de Mvomeka’a. Ce sera un quatrième septennat consécutif (1997-2004, 2004-2011 et 2011-2018). Mais, Paul avait déjà décroché un quinquennat (1992-1997), deux mandats de quatre ans (1984-1988 et 1988-1992) et ce qu’on pourrait appeler période de transition de deux ans (1982-1984).

Serge Espoir Matomba : l’espoir est dans l’entreprenariat

Âgé de 39 ans, Serge Espoir Matomba semble animé par l’ambition, principal trait de caractère des entrepreneurs. Le conseiller municipal du 4è arrondissement de Douala vise le pouvoir suprême pour le compte du Peuple uni pour la rénovation sociale (PURS), parti créé par des chefs d’entreprises.

Il doit une partie de sa popularité à la grève de la faim qu’il avait initiée en 2014 pour protester contre des mesures gouvernementales dont l’augmentation du prix des hydrocarbures. Le natif de Douala, fort de son éducation chrétienne fait partie de ceux qui critiquent sévèrement la gestion de la crise anglophone par Paul Biya. Il dit avoir un plan pour restaurer l’unité et la paix en zones anglophones.


Le Palais présidentiel d’Etoudi à Yaoundé

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