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La campagne pour les élections du 23 décembre 2018 en RDC est désormais lancée.

La campagne électorale en vue des élections du 23 décembre 2018 en République Démocratique du Congo a été lancée, jeudi 22 novembre. Ainsi, les vingt et un candidats vont devoir rivaliser d’ardeur pour aller solliciter le maximum de suffrages. Les leaders de l’opposition qui étaient en déplacement à Genève pour la désignation d’un candidat unique ne sont pas encore tous rentrés. Par contre, le candidat de la nouvelle coalition d’opposition « LAMUKA », Martin FAYULU, est rentré à Kinshasa, mercredi 21 novembre ; ce dernier représente plusieurs poids lourds écartés de la course, dont Jean Pierre BEMBA et Moïse KATOUMBI. Félix TSHISEKEDI et Vital KAMHERE sont encore à l’extérieur. Ceci laisse connoter les dissensions au sein de l’opposition qui va à l’élection présidentielle en rang dispersé à cause du désengagement des leaders de l’UDPS et l’UNC.

Martin Fayulu rentre, mais les dissidents de la coalition d’opposition Lamuka, les présidents de l’UDPS, Felix Tshisekedi, et de l’UNC, Vital Kamerhe, sont toujours à l’extérieur du pays. Dans leurs rangs, on promet l’annonce d’une alliance et un retour triomphal à Kinshasa d’ici à ce week-end. Deux leaders qui, tout en repoussant leur retour, seraient impatients de montrer leurs « poids politiques », ce qui les avait conduits l’un comme l’autre à refuser a posteriori la désignation de Martin Fayulu comme candidat unique.

A un mois des élections, la communication de ces partis ou groupements d’opposition reste tourner l’un vers l’autre. « Alors que nous, on aligne 70% des candidatures sur l’ensemble des scrutins », assure un cadre du Front commun pour le Congo (FCC).

Depuis presque deux mois, l’opposition dénonce l’utilisation des moyens de l’Etat et la campagne précoce de la nouvelle plateforme électorale parrainée par Joseph Kabila. A plusieurs reprises, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a dénoncé, la commission électorale a renvoyé la question aux pouvoirs publics dont les animateurs appartiennent aujourd’hui pour l’essentiel à la nouvelle coalition au pouvoir. Mais les deux institutions ont promis de se montrer vigilantes et intraitables contre toute entorse au cours de cette campagne électorale.

Difficile pour l’opposition de réunir les moyens pour mener campagne. Beaucoup de partis se disent aujourd’hui exsangues après le paiement des frais de candidatures qui ont connu une hausse vertigineuse depuis le premier processus électoral en 2006. Un million de dollars au bas mot pour avoir des candidats dans presque toutes les circonscriptions. Le FCC a lui déboursé quelque 20 millions.

Les montants dépensés sont astronomiques pour participer à ce que l’opposition qualifie toujours de « farce électorale », en raison, selon elle, d’un fichier corrompu avec « 10 millions d’électeurs fictifs » et de la polémique autour des machines à voter rebaptisée « machines à tricher ».

« Ils ne sont pas prêts, c’est tout », rétorque un cadre du FCC. « Ils aimeraient qu’on demande un report, mais le 23 décembre, ils vont prouver une fois pour toutes qu’ils sont incapables d’organiser des élections crédibles dans ce pays », promet l’un des leaders de l’opposition. Tous les candidats ou presque, pour l’instant, disent rester mobilisés pour participer aux scrutins.

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